Depuis le début de la crise sanitaire provoquée par le Covid 19, la restriction des libertés publiques, notamment celle d’aller et de venir, sous la forme du confinement de la population ou de la quarantaine, apparaît partout dans le monde comme une réponse essentielle. Elle limite la circulation du virus dans la population générale et favorise la gestion hospitalière de la pandémie. Or cette restriction bouleverse complètement l’environnement professionnel, familial et social des individus et engendre des conséquences économiques incommensurables.
Si le confinement se confond dans la population générale avec l’expérience carcérale, l’application du traçage gouvernemental du projet StopCovid pourrait renforcer cette assimilation avec l’univers pénitentiaire au travers, notamment, de la mesure emblématique du placement sous surveillance électronique mobile (PSEM). Il y aurait là une forme de branchement de la société sur des logiques pénitentiaires qui brouille les repères et nécessite une réévaluation des relations entre la prison et la société.