Révolution Permanente : Ces dernières semaines, nous avons assisté à une offensive médiatique de l’extrême-droite et d’une partie de la droite qui a mené des campagnes autour de différents faits divers dramatiques, présentés comme l’expression de violences systématiques contre les "Blancs". Comment analysez-vous ces campagnes et leurs ressorts ?
Laurent Muccheilli : C’est un grand classique. D’abord, on met en série deux ou trois faits divers médiatisés et on crie à l’explosion de la violence. Alors qu’il survient des faits divers criminels tous les jours, mais qui ne sont pas nécessairement médiatisés. Tout dépend de « l’actualité », c’est-à-dire de l’ensemble des « informations » envoyées par les agences de presse (surtout l’AFP) et susceptibles d’êtres valorisées selon les décisions des rédacteurs en chef des médias. Ce sont eux qui hiérarchisent les informations et décident de donner plus ou moins d’importance à telle ou telle.