À peine deux jours après une importante manifestation de syndicats de police, Éric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice a proposé, le 21 mai, un amendement à son propre projet de loi dit de «confiance pour la justice» visant à supprimer l'alinéa 1 de l'article 41.1 du Code de procédure pénale relatif au rappel à la loi. Ce texte, voté à l'Assemblée, est désormais dans les mains du Sénat pour une adoption finale en septembre.
Un vrai travail de sape a visé à discréditer cette réponse pénale qualifiée en boucle par les responsables du syndicat de gardiens de la paix Alliance de «panpan cucul». C'est «tout juste» si l'auteur des faits «ne rigolait pas quand il partait» avec son rappel à la loi, dira même l'un d'entre eux devant les caméras de télévision. Lors des manifestations, à côté du rétablissement des peines plancher, l'un des principaux mots d'ordre était en effet la suppression de cette réponse pénale. Aussitôt exigée (par les syndicats de police), aussitôt votée (par les parlementaires). Seulement deux jours après une manifestation, du jamais vu !